Angeac-Champagne

Angeac-Champagne est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine).

Elle est constituée des villages d’Angeac-Champagne et de Roissac. Ses habitants sont appelés les Angeacais et Angeacaises.

Localisation


Angeac-Champagne est une commune située à l’ouest du département de la Charente, proche de la Charente-Maritime, en Grande Champagne, premier cru du cognac.

La commune est située à 10 km au sud de Cognac, 6 km à l’ouest de Segonzac et à 3 km à l’est de Salles-d’Angles. Angoulême, la préfecture charentaise, est à 35 km à l’est. Angeac est aussi à 9 km au nord d’Archiac et 12 km de Jarnac, 19 km de Barbezieux.

La commune est en dehors des grands axes de circulation. La D 731, route de Barbezieux à Cognac par Archiac, passe à l’ouest de la commune. Le bourg est desservi par la D 150 qui arrive de Saint-Fort-sur-le-Né et se dirige vers le nord-est, pour rattraper la D 44 de Juillac-le-Coq à Roissac en direction de Cognac et Gensac-la-Pallue. Une route vicinale mène du bourg à Salles-d’Angles, et une autre à Genté, vers le nord-ouest.

La gare la plus proche est celle de Cognac, desservie par des TER entre Angoulême, Saintes et Royan.

Hameaux et lieux-dits


De nombreux hameaux parsèment la commune. En particulier, Roissac, situé au nord-est de la commune était une ancienne paroisse, et le village est aussi important que celui d’Angeac.

Le Bois d’Angeac est situé à l’ouest de la commune, à 1 km du bourg.

Hameaux d'Angeac-Champagne
Hameaux d’Angeac-Champagne
LES HAMEAUX D’ANGEAC-CHAMPAGNE
Chez le Gay
Chez Pasqueraud
Chez Pignon
La Roche
Le Bois d’Angeac
Le Moulin de la Motte
Le Pérat
Le Puits d’Angeac
Le Réard
Le Ruisseau
Les Pernaudes
Les Reigniers
Les Rentes
Les Sabordes
Lorimon
Moritier
Moulin de la Millière
Roissac

Histoire


Des fossés protohistoriques circulaires existent aux lieux-dits Penchant de Lorimont et l’Houme, carrés et circulaires au lieu-dit les Chirons. Des villas romaines sont supposées au Puits d’Angeac, à la Chabanne et une demeure médiévale aux Branges.

Les vestiges d’une villa gallo-romaine pouvant dater de la 1re moitié du IXe siècle ont été trouvés en 1904 au lieu-dit la Chabanne. Elle aurait été une résidence de Louis le Débonnaire. Ces vestiges ont disparu.

Angeac, d’abord dépendance des Templiers, a dû être un poste militaire important. C’était une seigneurie qui dépendait du château de Bouteville. Elle passe ensuite au marquisat d’Archiac. Après la mort d’Aymar d’Archiac, elle demeure une terre indivise entre les seigneuries d’Archiac et d’Ambleville. Vers le milieu du XVIe siècle, elle passe en totalité à la seigneurie d’Ambleville à la suite du mariage de François de Jussac, seigneur d’Ambleville avec une demoiselle d’Archiac. Puis la terre d’Angeac, par ventes successives, devint la propriété de César Boscal de Réals, sieur de Mornac, puis de René de la Tour, seigneur de Saint-Fort, avant de passer par héritage à la famille Brémond d’Ars. En 1770, Angeac fut acquis par Jean Roy, ancien procureur du roi à Bouteville, et secrétaire du roi au parlement de Bordeaux.

La famille Roy d’Angeac s’est alliée en 1755 à la famille Dupuy d’Angeac. En 1795, Jean et Léon Dupuy ont fondé, avec Jacques O’tard de la Grange, la maison de cognac O’tard, Dupuy et Cie.

Au Moyen-Âge, Roissac appartenait aux comtes d’Angoulême. En 1231, à la suite d’une transaction entre Hugues de Lusignan et Itier II de Barbezieux, Roissac passe de la maison d’Angoulême à celle de Barbezieux.

Dans la seconde moitié du XIVe siècle, faute de successeur mâle du côté d’Henri de Barbezieux, Roissac passe aux La Rochefoucauld en la personne de Geoffroi Ier (fils d’Agnès de Barbezieux et petit-fils d’Itier II).

À la fin du XVe siècle, Roissac s’allia par mariage à Salles et Genté (famille de Mortimer). Les droits sur les marais entraînaient des rixes et des procès avec le seigneur de Gademoulin.

La commune d’Angeac est créée en 1793, elle appartient alors au canton de Salles, au district de Cognac et au département de la Charente. En 1801 elle prend le nom d’Angeac-Champagne et se trouve rattachée au canton de Segonzac.

La gare de Roissac sera desservie de 1910 à 1939 par les Chemins de fer économiques des Charentes, sur voie métrique, de Cognac à Barbezieux avec trois allers-retours par jour à la vitesse de 20 km/h. Cette ligne desservait aussi les gares de Cognac, Genté, Segonzac, Juillac-le-Coq, Saint-Fort-sur-le-Né, Archiac et Barbezieux.

Lieux et monuments


Patrimoine religieux

 
  • L’église paroissiale Saint-Vivien (Plan) a été construite au XIe siècle puis reconstruite en partie en 1534 et réparée vers 1748 aux frais du curé, Jean Marcus, et enfin revoûtée en 1875. Elle est en forme de croix latine à un vaisseau, couverte en voûte d’ogives.
    Eglise Saint-Vivien (7 avril 2017)
    Eglise Saint-Vivien (7 avril 2017)

    Dédiée à saint Vivien, évêque de Saintes au Ve siècle, l’église d’Angeac-Champagne était au Moyen Âge le siège d’une paroisse du diocèse de Saintes, dans un territoire viticole dont la prospérité permit la reconstruction intégrale de l’édifice au XIIIe siècle.

    Les murs sont montés en moellons carrés et réguliers. Des contreforts assurent la cohésion des maçonneries, entre chaque travée (partie de mur comprise entre deux contreforts à l’extérieur, et entre deux piliers à l’intérieur) et aux angles du bâtiment. la porte de la façade occidentale et son auvent sont probablement du XVIIe siècle.

    La première travée de la nef a été remaniée peut-être au XVIe siècle, transformations ayant pour conséquence la suppression des fenêtres ; la seconde, elle, est encore éclairée par de hautes fenêtres. L’arc brisé de ces baies comporte un décor de pointes de diamant, particulièrement apprécié, dans notre région, aux XIIe et XIIIe siècles. Ces caractéristiques apparaissent dans le chevet, dont la fenêtre d’axe, surmontée par un relief sculpté érodé et une baie d’aération du comble, a été transformée au XVIIe siècle. Le clocher comporte un seul étage percé d’une baie en plein cintre par face. Le plan d’origine était un simple rectangle divisé en quatre travées. Aujourd’hui, il dessine une croix latine grâce à l’adjonction de chapelles quadrangulaires formant un transept.

    A l’intérieur, le profil des arcades brisées entre nef et chapelles, et celui des ogives des voûtes confirment une construction de la fin du Moyen Âge. Les nervures de la voûte de la chapelle sud partent de consoles ornées de figures angéliques (peut-être les seules sculptures authentiques conservées à l’intérieur de l’édifice) ; dans la chapelle nord les ogives prismatiques (aux formes anguleuses), plus récentes, prennent leur appui sur un socle bas.

    Les voûtes d’ogives de la nef du XIIIe siècle furent en grande partie détruites, peut-être lors des guerres de Religion Elles ressemblaient à la voûte de chevet, plus complexe. D’importantes restaurations, ont été réalisées à la fin du XIXe siècle. Les voûtes actuelles de la nef ont été montées en briques en 1875 : leurs nervures émergent d’élégants supports composés de trois colonnes engagées. Les chapiteaux, qui arborent un décor de crochets et de feuillages très découpés, sont des oeuvres du XVIIe siècle librement inspirées de corbeilles gothique.

Patrimoine civil

 
  • La Mairie (Plan) a été construite en 1897 et 1898 sur les plans de l’architecte de Cognac Lucien Roy, par Locussol entrepreneur à Cognac.Il a été recensé trois fermes datant du XVIIe siècle, dix datant du XVIIIe siècle, et vingt-trois du XIXe siècle. Elles comportent des dépendances puits, lavoirs, distilleries.La Mairie (7 avril 2017)
    Heures d’ouverture
    Lundi   13h30 à 17h30
    Mardi   13h30 à 17h30
    Mercredi   13h30 à 17h30
    Jeudi   13h30 à 17h30
    Site Web : http://angeac-champagne.fr/
 
  • Le monument aux morts de la guerre 1914-18 date de 1920 (Plan).

    Le monument aux morts (7 avril 2017)
    Le monument aux morts (7 avril 2017)
  • Il existe un souterrain-refuge datant de l’antiquité dont un escalier a été recensé ; mais sa localisation reste inconnue.
 
  • L’ensemble fontaine, lavoir, abreuvoirs de Roissac (Plan) figurait déjà sur le cadastre de 1850. Elle est liée à François Ier qui se serait rendu au château de Roissac pour des rendez-vous de chasse.
    Angeac-Champagne - La Fontaine François Ier de Roissac (13 mai 2019)
    Angeac-Champagne – La Fontaine François Ier de Roissac (13 mai 2019)

    La légende de la fontaine est liée à l’histoire du château de Roissac et à François 1er. Elle prétend que le futur roi, encore enfant, serait tombé dans la source, en se rendant au château pour rencontrer les seigneurs de l’époque. Ainsi serait née l’idée d’aménagement de la fontaine.

    Cette fontaine comprend actuellement 7 bassins, un aqueduc et un édicule carré.

 
  • Un moulin à vent se trouve à la Millière (Plan) et un moulin à eau, en ruine, à la Motte (Plan), collé à celui de Saint-Fort-sur-le-Né.
 
  • Le logis d’Angeac est un manoir qui daterait en partie du XVIe siècle et quand René de la Tour l’achète en 1657 le logis était au nord. Des dépendances portent la date de 1733. Un autre logis a été construit à l’ouest et remanié au XIXe siècle ainsi que des dépendances au sud. Le portail d’entrée porte la date de 1882.
     

    Le Logis d'Angeac (7 avril 2017)
    Le Logis d’Angeac (7 avril 2017)

    Angeac-Champagne - Portail du Logis d'Angeac (1 novembre 2017)
    Angeac-Champagne – Portail du Logis d’Angeac (1 novembre 2017)
 
Angeac-Champagne - Ferme (1 novembre 2017)
Angeac-Champagne – Ferme (1 novembre 2017)

Cette ferme est située au cœur du bourg, en bordure de la rue principale et entourée d’autres fermes. La plus grande partie des corps de bâtiment est placée en bordure de la voie publique et lui tourne le dos. A leur extrémité au sud-ouest se dressait jadis un portail d’accès, aujourd’hui détruit.Faisant suite à deux logements se trouve l’ancienne distillerie, puis, en retour au bout de la cour, un chai prolongé par une grange. Face aux logements, un mur de clôture et des petites servitudes, dont une buanderie, séparent cette ferme de sa voisine.

La simple observation indique que les parties les plus anciennes sont, au sud : deux corps de bâtiments bas, aux ouvertures petites, pour plusieurs d’entre elles à encadrement à arêtes abattues en chanfrein et disposées sans régularité , s’y font face. Celui qui borde la rue et qui est certainement une ancienne habitation, présente à l’arrière deux inscriptions : l’une, 161., semble correspondre à une construction dont les baies chanfreinées pourraient être les vestiges, l’autre, AN 1748, pourrait être la date d’une transformation ou d’un agrandissement de ce corps de bâtiment.

Un siècle plus tard, autour de 1850, cette ferme connut un développement important avec la construction du logement actuel, de la distillerie et du chai, au nord. Au-dessus de la porte de ce dernier, on peut lire FAIT EN 1848 I.A. (pour Jean Archambeaud ?) et, à l’arrière de la maison, ARCHAMBEAUD JEAN 1856. Ces deux bâtiments semblent donc avoir été édifiés par le même maçon. Archambeaud, qui a signé plusieurs autres constructions aux environs. La date 1856 étonne, puisque le plan cadastral de 1850 présente un bâtiment à l’emplacement précis de la maison et selon le même tracé. On peut en déduire que, lors de l’établissement du cadastre, la maison était déjà très avancée, que tout le premier niveau était bâti, mais qu’il a fallu plusieurs années pour l’achever, les travaux avançant peut-être en fonction des disponibilités financières du propriétaire. Quelques années plus tard, le chai a été agrandi en profondeur et une grange bâtie dans son prolongement.

Angeac-Champagne - Puits à côté de la ferme (1 novembre 2017)
Angeac-Champagne – Puits à côté de la ferme (1 novembre 2017)

Ce logement de 1856 est une intéressante construction. Tout en longueur, il est simple en profondeur et présente deux pièces en enfilade de part et d’autre d’un couloir central. Il possède un étage avec des chambre en enfilade, mais plus que der surcroît, seulement un comble bas. La plus grande partie des murs est en moellons et revêtue d’un crépi. La toiture, à deux croupes, est couverte de tuiles. Mais ici, seule l’élévation sur cour a été traitée comme une façade. A l’arrière, sur la route, le premier niveau est complètement aveugle, tandis que, dans la partie supérieure, une rangée de fenêtres éclaire les chambres. En revanche, la façade sur cour présente huit travées d’ouvertures bien rythmées, des pilastres aux angles, un bandeau sous les fenêtres de l’étage et une corniche qui se poursuit sur les autres élévations. La travée centrale est traitée avec beaucoup de soin. La porte est large ; son chambranle est orné de moulures et encadré par des pilastres à chapiteau ionique soutenant un entablement, dans lequel est sculpté un motif en losange. Au-dessus, la fenêtre de l’étage est couverte en plein cintre et son encadrement est également mouluré. Elle se différencie des autres fenêtres, qui toutes sont rectangulaires et sans ornement. Au-devant de la façade est un terre-plein soigneusement pavé. Cette ferme a également conservé un intéressant circuit d’eau permettant d’alimenter à la fois la distillerie, l’habitation et la buanderie. Il se compose de différents éléments reliés par des conduits souterrains. En haut de la cour, au nord, contre la distillerie et abrités sous un appentis, se trouvent une pompe, un réservoir cylindrique et deux beaux bassins carrés en pierres appareillées, puis, à l’extérieur, un bassin rectangulaire surélevé ou refroidissoir. Au milieu de la cour, contre la façade de la maison et près de sa porte principale, est un puits carré. Plus au sud est disposé un autre grand bassin rectangulaire et enfin, en bas de la cour, près de la buanderie, dans l’angle faisant face au portail, un autre puits à très large margelle carrée.

 
  • Le manoir de Lorimont (Plan) qui selon certains érudits (dont Martin Civat) existait déjà au XVIe siècle a été reconstruit au XIXe siècle, et porte l’inscription « Fait en 1831. Chaillou Paul ».

    Angeac-Champagne - Lorimont (13 mai 2019)
    Angeac-Champagne – Lorimont (13 mai 2019)
 
  • Le château de Roissac porte la date de 1830, mais ce serait un château construit au Moyen Âge pour les La Rochefoucauld, à l’emplacement d’une villa gallo-romaine. Le château actuel aurait été bâti pour les Beauchamp vers 1770 et la date de 1830 accompagnée des initiales I.P. correspond à des remaniements des dépendances. Il présente des décors et en particulier dans le salon, des lambris ornés de toiles peintes avec oiseaux, fleurs, fruits, paysages, scène avec un semeur, Moïse et les tables de la Loi. Il a été inscrit comme monument historique le 13 avril 1989.
     

    Le Château de Roissac (5 avril 2017)
    Le Château de Roissac (5 avril 2017)
 
  • Les Trois Pierres (Plan).

    Les Trois Pierres (7 avril 2017)
    Les Trois Pierres (7 avril 2017)
 
  • Le puits à côté de l’église (Plan).
    Le puits à côté de l'église (7 avril 2017)
    Le puits à côté de l’église (7 avril 2017)

     

Notes et références


Wikipedia Angeac-Champagne
Le livre ‘Patrimoine de Poitou-Charentes – architecture et mobiliers’

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