Quai des Flamands

 A VOIR
dans cette rue

Histoire : Le nom de ce quai de la Charente rappelle l’importance du rôle joué par les marchands flamands dans le trafic des vins charentais, dès le Moyen Age, et celui des eaux-de-vie de Cognac, à partir du XVIIe siècle. Les bateaux venant de la mer du Nord accostaient ce quai lorsque le cours de la Charente permettait encore leur navigation.

D’importantes réparations et reconstructions ont été effectuées au quai des Flamands en 1825 et 1826 auxquelles les négociants ont largement participé.

Par délibération du conseil municipal du 26 juin 1996, une partie du quai des Flamands a été dénommé Richard Hennessy. La partie située entre la rue Saulnier et la place de la Salle Verte garde ce nom historique de quai des Flamands.

Référence : Livre ‘Les rues de Cognac’ tome 1 page 80.

LE PORT

Le port

Dans les premières années du 19e siècle, Cognac est encore ceinturée par endroits de remparts. Pour faire face à l’activité commerciale grandissante, de nouveaux quais sont aménagés sur la Charente.

Entre 1840 et 1860, la campagne de construction s’intensifie et Cognac se dote de nombreux édifices telle la cale de construction et de réparation des gabares. La nouvelle urbanisation entamée permet l’aménagement de places et d’espaces arborés. La place de la Salle verte témoigne de ce nouvel agencement urbain offrant une allée de promenade plantée d’arbres.

Sur les quais, un bateau lavoir y est même construit en 1855. Véritable édifice flottant arrimé de façon permanente, cette sorte d’usine de blanchisserie permet à une centaine de personnes de travailler en même temps, souvent pour le compte de riches particuliers. Longtemps dépendante du fleuve et de son commerce, Cognac s’en est détournée à l’arrivée du chemin de fer.

Dans les années 1990, on aménage le port de plaisance qui bénéficie d’une position centrale sur la Charente entre Angoulême et l’océan. Le port accueille désormais les plaisanciers. On peut y louer des pénichettes sans permis le temps d’un week-end, d’une semaine ou plus.

Progressivement, la ville se tourne vers la Charente avec le tourisme fluvial mais aussi les sports nautiques. Le réaménagement des quais en 2018 témoigne également de la capacité de la cité cognaçaise à se réinventer en renouant le dialogue avec « son » fleuve.

PLAN

Cognac s’est découvert une vocation commerciale bien avant le XVIIIe siècle. Le négoce du cognac s’inscrit, en effet, dans un héritage commercial qui a conditionné son développement. Le fleuve y a joué un rôle décisif comme vecteur d’échanges entre la côte atlantique et l’intérieur des terres.

Prenant sa source à Chéronnac dans la Haute-Vienne à 295 mètres d’altitude, la Charente, longue de 381,4 kilomètres, traverse ensuite les départements de la Vienne, de la Charente et de la Charente-Maritime avant de se jeter dans l’océan Atlantique entre Port-des-Barques et Fouras par un large estuaire.

Depuis l’Antiquité, le sel connut une importance stratégique et économique qui fit la richesse de Cognac. Pour transporter le sel de la côte vers l’intérieur, des gabares remontaient le fleuve jusqu’au port saulnier de Cognac. A la disparition du commerce du sel à Cognac au XVIe siècle, le développement du commerce du vin et des eaux-de-vie fut favorisé par l’organisation économique précédemment mise en place.

Si au départ, il s’agit de petites embarcations légères qui servent au transport du sel, les formes et tailles des bateaux évoluent au fil du temps pour s’adapter au développement commercial sur la Charente. Le 19e siècle marque l’arrivée de grands bateaux, s’ouvrant ainsi aux routes commerciales de l’Atlantique. Pas moins d’un millier de gabares naviguent alors sur le fleuve pour répondre aux besoins grandissants du fret.

La spécificité de cette embarcation est son fond plat appelé « sole » qui lui permet, avec un faible tirant d’eau, de porter un maximum de charge. Son mât à bascule a une double fonction : permettre le passage sous les ponts et faciliter le chargement de marchandises par inclinaison rotative. Ce type de gabare était bordé à clins. Les bordés sont des superpositions de planches constituant la coque et chevillées par des pièces de bois et se recouvrant à la manière de tuiles sur une charpente solide. La construction de cette charpente nécessitait l’utilisation de bois « tors », c’est-à-dire de bois présentant une courbure naturelle permettant de réaliser des pièces de bois ayant un fil continu, donc plus résistantes.

En 2000, la communauté des communes de Cognac décide de faire revivre ce passé « ancré » dans l’histoire locale, en réalisant, dans le souci du respect des techniques traditionnelles de construction, « La Dame Jeanne ». Mise à l’eau en 2002 pour un usage exclusivement touristique, elle propose de découvrir le fleuve et son histoire.

Avec ses 23 m de long, 5 m de large et 27 tonnes, cette réplique de type « Port d’Envaux » devient la plus grande reconstitution fluviale de France et est, à ce titre, labellisée bateau d’intérêt patrimonial en 2011.

Victime d’une avarie en 2016, la Dame Jeanne ne peut plus naviguer. En 2019, l’agglomération de Grand Cognac décide de lui redonner vie en achetant un terrain aux abords de la Charente dans le quartier de ses ancêtres où elle s’expose désormais pour le plaisir des petits et des grands…

Si l’on connaît aujourd’hui la dame-jeanne sous l’allure d’une bonbonne de verre dans laquelle l’eau-de-vie est stockée pour empêcher son vieillissement dans les fûts, la légende qui l’accompagne a une autre élégance…

En l’an 1347, la Reine Jeanne 1er de Naples (1328-1382), fuit son Royaume pour venir se réfugier dans son comté de Provence. En chemin, surprise par un violent orage, elle est recueillie par un gentilhomme verrier. Avant de repartir, la reine demande à en connaître davantage sur la fabrication des flacons ; le verrier troublé, souffle dans le mors de sa canne et réalise une énorme bouteille d’une dizaine de litres. Devant l’admiration de tous, il décide d’en fabriquer d’autres, sous le nom de « reine Jeanne ». Mais la modeste reine lui préfère le nom de « dame Jeanne », et afin de protéger cette grosse bonbonne, le gentilhomme l’habillera d’osier… La « dame-jeanne » est née.

Le nom des rues de ce quartier rappelle le passé économique de la ville : la rue Saulnier et le quai des Flamands en sont deux exemples manifestes.

rue Basse Saint-Martin - La Dame Jeanne (15 juin 2021)
rue Basse Saint-Martin – La Dame Jeanne (15 juin 2021)

 Adresse : Quai des Flamands


La Charente des Gabariers

Bien loin le temps des gabariers qui parcourent la Charente à travers les siècles… Mais de ces hommes que savons-nous ? … Les gabariers voyagent, ce qui est rare jusqu’au 19e siècle. Indépendants, aventuriers, ils ont une ouverture sur le monde extérieur grâce aux marins des colonies lointaines qu’ils rencontrent dans les ports de Tonnay-Charente, le Rochelle puis Rochefort. Le voyage en gabare dure en moyenne 24 jours pour descendre et remonter le fleuve. Plus de la moitié des bateliers savent écrire et signer, ce qui était exceptionnel à l’époque.

Pourtant le gabarier est souvent mal considéré. Le passage des gabares chasse les poissons, s’ils ne sont pas récupérés par les bateliers eux-mêmes, et occasionne une perte de superficie des pâturages pour la halage et donc une perte de profit pour les paysans. Les meuniers ouvrent même les écluses pour leur moulin en période de basses eaux et les éclusiers négligent l’entretien des écluses, source de dégâts.

Les gabariers s’organisent alors petit à petit en corporation, s’affirmant au 19e siècle où la batellerie charentaise bascule de l’ère semi-artisanale à l’ère semi-industrielle. La gabare appartient au négociant, au maître de gabare, voire au deux ou encore à l’Etat pour la livraison des canons de Ruelle jusqu’à Rochefort.

Le maître de gabare veille à la bonne marche de sa gabare, en restant sur la partie profonde de la rivière. Lorsqu’il fallait remonter le courant, avant les remorqueurs à vapeur, la gabare était tirée par des hommes, les haleurs, et souvent des femmes, les haleuses, puis plus tard par des bœufs et des chevaux, sur les chemins de halage.

Le métier de gabarier était une tradition familiale mais réservé aux hommes. Les femmes accompagnent rarement leur mari ; elles vivent modestement dans les quartiers Saint-Jacques de Cognac, Grands Maisons de Jarnac ou près de l’église du village gabarier de Saint-Simon. Le gabarier est toujours en voyage mais navigue rarement la nuit. A l’arrière du bateau, un sombre réduit lui sert de chambre, accessible par une trappe. Quelques accessoires de cuisine, une table, des chaises, un coffre et un petit poêle à charbon viennent agrémenter son quotidien. Si par hasard la femme du gabarier vit avec lui, quelques fleurs et du linge suspendu le rappelle. Pour se détendre, il va rejoindre ses collègues et jouer à l’aluette au café du port.

Mais ce passé gabarier ne peut se raconter sans évoquer l’expérience en réalité virtuelle ‘le temps des gabares’ proposée par le Musée des Arts du cognac, et celle du village gabarrier de Saint-Simon. Si à l ‘époque, chaque port a sa cale de réparation et d’entretien des bateaux, le chantier de construction des gabares se situe bien à Saint-Simon, faisant vivre tout le village. Généralement, le chantier a une gabare en construction, une à radouber et des gabarottes à assembler, ces petits bateaux qui permettaient aux chevaux de halage de rejoindre les deux rives. Aujourd’hui, le chantier n’existe plus mais tout nous rappelle à lui : enseignes, graffitis, musée et, en saison, ses balades en gabares à bord de la Renaissance.

Notes et références


Grand Cognac Communauté des communes.

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