Coup de jeune gratuit pour le puits historique des Récollets à Cognac
Un précieux témoin de l’histoire du couvent
La création du couvent des Récollets date de 1612. Implanté dans le quartier de Saint-Léger, l’ensemble comprenait alors une église, un cloître, trois chapelles, un dortoir d’une vingtaine de cellules, une salle capitulaire ainsi que diverses dépendances. Profondément transformé à la fin du XIXe siècle, il n’en subsiste aujourd’hui que quelque éléments emblématiques : le bas-côté droit de la chapelle, le puits et un escalier en fer forgé datant du XVIIIe siècle. Ces deux derniers éléments ont été classés aux monuments historiques en décembre 1951, au même titre que les travées voûtées.
L’entreprise de Louzac Abella & Leduc a rénové à ses frais le puits du couvent des Récollets. Fragilisé, le monument historique nécessitera toutefois de plus grande ampleur à l’avenir.
Joyau patrimonial de la ville, classé aux monuments historiques, le « puits kiosque » du couvent des Récollets a retrouvé un nouvel éclat.
Érigé au centre du cloître au début du XVIIe siècle, au moment de la construction du couvent, le monument était en mauvais état, peint an noir par le ciel, la pluie et le temps. C’est alors qu’est intervenue l’entreprise de maçonnerie Abella & Leduc, qui a mené la semaine dernière une opération de rénovation dans le cadre d’un partenariat de mécénat passé avec la Ville.
Installée à Louzac-Saint-André, l’entreprise a fait de la rénovation des bâtiments anciens l’une de ses spécialités. Sensibles à la préservation du patrimoine, ses cogérants Vincent Ballanger et Antoine Drounau n’ont pas hésité à venir au chevet de ce puits, en bien mauvais état, et ont pris en charge l’intégralité des coûts, qui s’élèvent à plusieurs milliers d’euros.
L’opération consistait au nettoyage des pierres et à la reprise de maçonnerie. « Il y a deux problématiques avec ce puits. la première, c’est qu’il a été monté au ciment, ce qui fait que comme les pierres travaillent, elles éclatent, raconte Vincent Ballanger. L’autre souci c’est qu’il a été monté sur une assise en pierres de taille qui a été rongée par l’humidité et la mousse. »
Une restauration à prévoir
Il a donc fallu enlever la mousse et nettoyer la pierre en tenant compte d’un protocole très strict, monument historique oblige. « Nous ne pouvions pas utiliser de chlore pour blanchir la pierre, même si c’est très efficace, car ça la fragilise. Nous avons donc utilisé du bicarbonate de soude et du savon noir, c’est moins spectaculaire, mais plus durable, indique Vincent Ballanger. Ensuite, nous avons appliqué une eau de chaux pour protéger l’édifice, car cela permet de reformer une couche calcaire. »
Venu constater la transformation, le maire de Cognac, Morgan Berger, ne pouvait que se réjouir de ce partenariat qui permet de « préserver et de transmettre un frangment du patrimoine historique de Cognac aux générations futures », tout en préservant les fragiles finances de la Ville.
Mais cette rénovation ne sera pas suffisante, prévient cependant Vincent Ballanger. « Il faudra à l’avenir mener une restauration en profondeur, en démontant puis en remontant le puits, avec de nouvelles pierres. On voit déjà qu’il a tendance à s’affaisser. A termes, il pourrait s’écrouler.
Charente Libre, du 15 avril 2026, THOMAS BRUNET
